Lundi 31 mars 2008
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Le soir avec Emilie nous allons souvent chercher à manger dans la rue. C’est pas très loin, c’est
pas mauvais, c’est copieux, c’est varié et pas cher. Ça fait donc au moins 5 bonnes raisons d’y aller.
Je dit « au moins » parce qu’il y a aussi Kebin et Jordan ; à l’origine c’était
Kevin et Jordan, mais quand Kevin a prononcé son nom, c’est vite devenu Kebin, du coup c’est resté Kebin. Kevin et Jordan sont nos amis, ils nous ont bien fait rire, on a vite fait connaissance,
ils connaissent nos prénoms, savent ce qu’on aime bien manger, sont inquiets quand l’une vient sans l’autre et nous font remarquer quand on n’est pas venu depuis longtemps. Bref, ça fait 2 autres
bonnes raisons, parce que c’est pas donné à tout le monde de rigoler tous les soirs.
Ensuite, il y a aussi le couple de petits vieux qui font des raviolis fris (on ne pourrait se
nourrir que de ça tellement c’est bon…), des galettes de potirons (mmm…) de des plus grosses galettes avec une pâte compacte où l’on met au choix un œuf ou/et de la sauce. Eux, ils sont morts de
rire à chaque fois qu’on arrive et c’est plutôt nous qui sommes inquiètes quand ils ne sont pas là.
Mais il y a aussi le stand barbecue avec le père et le fils, un ou deux yuans la brochette (donc
10 ou 20 centimes) au choix : pain, poulet, boeuf, champignon, aubergine, aile de poulet, poisson (entier), légumes non encore identifiés… pas de porc puisqu’ils sont musulmans.
Sans oublier le marchand de gâteaux. Alors lui, c’est le nouveau meilleur ami d’Emilie (quoi qu’il
ait un caractère un peu lunatique des fois…) : « c’est quoi ça comme gâteau ? » « ben… goûte ! » « d’accooooord… ! », il faut imaginer le même
dialogue au moins 4 fois par semaine avec tous les gâteaux, cacahuètes, noix qu’il y a sur sa brouette.
Oui, j’ai bien dit sur sa brouette ! parce qu’ils ont tous leurs échoppes sur des brouettes
et que selon l’heure à laquelle vous y allez, vous les trouverez à différents endroits ! Pour l’anecdote c’est très drôle de les voir tous se dépêcher à la queue leu leu pour bouger de
quelques dizaines de mètres.
Bon après, il y en a qu’on apprécie drôlement moins et qui ont des surnoms nettement moins gentils
(le pervers par exemple). Hier en y allant, j’ai eu la surprise de constater que tout le monde nous connaissait (il doit y avoir 20 brouettes) puisque quelqu’un que je ne connaissais pas m’a fait
remarquer que je n’étais pas venue depuis plusieurs jours et que l’un (tous ne savent pas encore qu’on comprend quand ils parlent) m’a présenté à un autre : oui, c’est Julia, elle a une
coloc’, elle est arrivée il y a un mois environ… non, elle est française… oui elle vient assez souvent en fait… et à l’autre de me regarder et de me dire : « nihao
zhuliya ».